L’Intronisation du Sacré-Coeur de Jésus dans les familles
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Face aux offensives tout azimut contre la famille, l’intronisation du Sacré-Coeur de Jésus dans les familles demeure une excellente réponse.
«Elle peut se définir: La reconnaissance officielle et sociale de la souveraineté du Coeur de Jésus sur une famille chrétienne. Reconnaissance affirmée, rendue sensible et permanente par l’installation solennelle de l’image de ce Coeur Divin à la place d’honneur et par l’acte de consécration.
Il a dit, le Dieu de Miséricorde: «Qu’étant la source de toutes les bénédictions, Il les répandrait avec abondance dans tous les lieux où serait posée l’image de son Cœur pour y être aimé et honoré.»
Il a dit encore: «Je régnerai malgré mes ennemis et tous ceux qui voudront s’y opposer.»
L’intronisation n’est donc pas autre chose que l’entière réalisation de l’ensemble des demandes faites par le Sacré-Coeur à Paray-le-Monial et des promesses magnifiques qui ont accompagné ces demandes. Je dis de l’ensemble, car la famille à sanctifier est le but transcendant de tout cet apostolat: Cellule sociale, elle doit être le premier trône vivant du Roi d’Amour. Pour transformer, pour sauver de nouveau le monde, il faut que Noël se perpétue, que l’Emmanuel, le Jésus de l’Evangile habite toujours parmi nous. Il faut, pour arriver au Règne social de Jésus-Christ, reprendre la société par la base et refaire la famille chrétienne. C’est par cette famille que s’affirme et se mesure la valeur d’un peuple. Le peuple vaut ce que vaut la famille.
Un grand converti me disait: «Mon Père, vous ne pourrez jamais exagérer l’importance de la croisade que vous prêchez. Nous, nous ne visons qu’à une chose: «Déchristianiser la famille.» Nous laissons volontiers aux catholiques les églises, les chapelles, les cathédrales; il nous suffit, pour pervertir la société, d’avoir des familles. Si nous réussissons, c’est de la victoire de l’Eglise.»
Oh! Qu’elle sera toujours vraie cette parole de Jésus: «Les fils de ce siècle sont plus avisés que les fils de lumière.»
Le grand mal de notre société, c’est qu’elle ait perdu le sens du Divin. Quel remède apporter à ce mal? Revenir à Nazareth. C’est par Nazareth, en fondant la sainte Famille, que le Verbe a commencé la Rédemption du monde.»
La grande oeuvre actuelle, c’est donc la reconnaissance de Nazareth, la sainte Famille..., de Béthanie. La maison des amis de Jésus. Je dis Béthanie, parce que Nazareth est unique à travers les siècles d’une sublimité inimitable, tandis que Béthanie est un foyer comme le nôtre, et, en conséquence, en tout et pour tout, parfaitement imitable. A Nazareth, pas de misères morales, jamais un coeur malade agonisant...
Hélas! Combien de foyers, comme Béthanie, qui ont des Madeleines et des Lazares, des prodigues et des morts. Que Jésus y entre comme un parent et Il y opérera des merveilles: On verra des résurrections spirituelles aussi étonnantes que celle de Lazare et des retours aussi touchants que celui de Madeleine. Mais hélas! à combien de portes Jésus-Christ est-Il laissé comme un mendiant!
S’Il est reçu chez quelques-unes, souvent c’est avec gêne et défiance, comme un étranger. Ce n’est pas l’ami intime, le familier, c’est tout au plus l’hôte d’un jour. Il n’a que des miettes, de tendresses d’amitié, Lui pourtant, qui nous a aimés, qui nous aime d’un amour de folie. Oh! Pourquoi l’écarter du foyer, quand nous pouvons Lui donner, là, nos meilleures marques d’amour... On a tant besoin de Lui, dans le sanctuaire de la famille!
Oui, tout notre être a besoin de Dieu!... Il n’est pas une minute de nos journées, de notre vie où nous puissions nous passer de Lui.
Recevoir Jésus comme Roi et Ami, mettre l’image de son Coeur chez vous, à la place d’honneur, comme gage sensible de cette réception, c’est l’acte immédiat, c’est le premier pas dans la voie de votre amour familial envers le Maître bien Aimé.
La spontanéité des coeurs fera trouver pour cet acte des témoignages de tendresse et de délicatesse touchantes, une formule pieuse et rien de plus; Oh! Non! D’ordinaire c’est la réunion des parents, des enfants, des intimes autour de l’Image qu’on a ornée de fleurs et de lumières.
Un prêtre est là pour la bénir et dire quelques mots de circonstance. Puis d’une seule ame, toute la famille, debout, récite le Credo. C’est l’hommage solennel de la cellule sociale qu’est la famille.
Cet hommage doit commencer une vie de foi et d’amour. Il faut que la consécration soit vécue et constitue un état où l’Evangile devienne la règle et comme l’Ame du foyer. Il faut la convivance, c’est-à-dire la vie commune avec ce Jésus qui a été accueilli et fêté. Il faut l’inviter à bénir l’aurore et le crépuscule, la paix et la tribulation, les sourires et les larmes:
«Seigneur, demeurez ici comme chez vous. Soyez notre Roi, notre Ami, notre Confident, notre Conseil. Vous présiderez à tout. Rien ne se fera sans Vous; nos peines et nos joies, nos angoisses, nos deuils, nous partagerons tout avec Vous.»
Voilà l’idée: Un Jésus vivant dans le foyer, un Dieu Emmanuel dans le sanctuaire de la famille consacrée! Et voilà malgré les orages inévitables, un horizon tout nouveau, horizon tout céleste pour la famille, pour les foyers qui ont vraiment compris ce que signifie la Royauté pleine, entière, vécue, du Coeur de Jésus.»
Note:
«1. Extrait du livre «Jésus, Roi d’Amour» Recueil des prédications du R.P. Mateo CRAWLEY-BOEVEY, SS.-CC.
21 novembre 2004, Fête du Christ-Roi, Journée de prière de formation et d’information, animée par Mgr Gaidon: «La famille à l’école du Cœur de Jésus, vers une civilisation de l’amour». L’intronisation du Sacré-Cœur de Jésus, l’adoration nocturne.
10h00, accueil, prière de Louange, Enseignement par Mgr Gaidon. 12h30, (Repas tiré du sac) Messe à 16h.
Congrégation des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie 37, rue de Picpus 75012 PARIS (Métro RER Nation). Renseignement: 01 46 28 60 52.
«A notre cher fils Mateo Crawley Boevey, Prêtre de la congrégation des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie.
Cher Fils, Salut et Bénédiction Apostolique.
Nous avons lu avec intérêt votre lettre ainsi que les documents qui l’accompagnaient. Ils nous ont appris le zèle et l’activité avec lesquels vous vous appliquez depuis plusieurs années à l’œuvre de la consécration des familles au Sacré-Cœur de Jésus, de sorte que son image étant installée dans l’endroit le plus noble de la maison, comme sur un trône, Jésus Christ Notre Seigneur règne visiblement dans les foyers catholiques. Déjà notre prédécesseur Léon XIII, d’heureuse mémoire, a consacré le genre humain tout entier à ce Cœur divin, et on connaît à ce sujet sa remarquable Encyclique «Annum Sacrum». Cependant, même après cette consécration collective, la dévotion qui concerne chacune des familles ne paraît pas inutile: Bien plus, elle est parfaitement conforme à l’autre et ne peut que contribuer au pieux dessein du Pontife. Ce qui est particulier à chacun, nous touche davantage en effet que les intérêts communs. Aussi Nous réjouissons-nous à la pensée que vos travaux ont porté sur ce point des fruits abondants, et Nous vous exhortons à persévérer activement dans l’apostolat commencé.
Rien, en effet, n’a plus d’opportunité dans les temps présents que votre entreprise. Pervertir dans la vie privée comme la vie publique le tempérament moral engendré et affiné par l’Eglise, et après en avoir effacé presque tout vestige de sagesse et d’honnêteté chrétienne, ramener la société humaine aux misérables conceptions du paganisme, voilà ce que trop d’hommes, hélas, rêvent aujourd’hui et s’efforcent de réaliser, et plût à Dieu que ce fût sans effet. Mais ce que les traits des méchants visent surtout, c’est la société domestique. Celle-ci contenant comme en germe les principes de la société civile, ils voient bien que le changement ou plutôt la corruption qu’ils espèrent de la société commune suivra nécessairement celle de la famille dès qu’ils en auront vicié les fondements. Voilà pourquoi on vote la loi du divorce pour ébranler la stabilité du mariage; en forçant la jeunesse à suivre l’enseignement officiel souvent si éloigné de la religion, on élimine, en une matière d’extrême importance, l’autorité des parents; et, en prônant l’art honteux de satisfaire son plaisir tout en fraudant les droits de la nature, l’impiété tarit ainsi la source même du genre humain et souille de mœurs infâmes la sainteté du lit conjugal. Vous faites donc bien, cher fils, en prenant en main la cause de la société humaine, d’exciter avant tout et de propager l’esprit chrétien dans les foyers domestiques, en établissant au sein de nos familles la charité de Jésus-Christ pour qu’elle soit comme la reine. En agissant ainsi, vous obéissez à Jésus-Christ Lui-même, qui a promis de répandre ses bienfaits sur les maisons où l’image de son Cœur serait exposée et honorée.
Accorder à notre aimable Rédempteur le culte et l’honneur en question, est donc faire œuvre sainte et salutaire; mais tout n’est pas là. Il importe aussi grandement de connaître le Christ; de connaître sa doctrine, sa vie, sa passion, sa gloire: Le suivre n’est pas se laisser guider par un sentiment superficiel de religiosité qui émeut facilement les cœurs tendres et mous et tire des larmes faciles, mais laisse les vices intacts; le suivre, c’est l’entourer d’une foi vivace et constante, qui influe tout à la fois sur l’esprit et le cœur, qui dirige et règle les mœurs. Or, la cause vraie pour laquelle Jésus est négligé de beaucoup, et peu aimé de nombreux hommes, c’est qu’il est presque inconnu des premiers et pas assez connu des seconds. Continuez donc, cher fils, vos efforts et votre apostolat, afin de susciter à travers les foyers catholiques les flammes d’amour à l’égard du Cœur-Sacré de Jésus; mais efforcez-vous et faites auparavant c’est Notre volonté que cet amour, dans toutes les maisons que vous visiterez, suive, jusqu’à son degré le plus grand et le plus élevé, la connaissance de Jésus-Christ et la connaissance apportée par lui-même de sa vérité et de sa loi.
Et Nous, pour apporter en la matière Notre stimulant à la piété commune, Nous voulons que toutes les faveurs que Notre prédécesseur Pie X, de sainte mémoire, a, dans sa libéralité pontificale, accordées en 1913, sur la demande des évêques du Chili, aux familles de cet Etat qui se consacrent au Sacré-Cœur, s’étendent à toutes les familles de l’univers catholique qui feront cette consécration.
Comme gage des biens célestes, et en témoignage de Notre paternelle bienveillance, recevez, cher fils, la bénédiction apostolique que Nous vous accordons de tout cœur.
Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 27 avril 1915, la première année de Notre Pontificat.»
Benoît XV, Pape
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