«La Saine Doctrine» (Tt 1, 9)

Par Jacques Magnan

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Par sa Parole de vérité, Dieu nous appelle sans cesse à être obéissants à sa volonté, afin de nous mener à la sanctification, au salut éternel. Dans la pureté fidèle de la foi, soyons attentifs à la saine doctrine, celle du Seigneur.

La saine doctrine

La «saine doctrine» désigne l’ensemble de la Parole révélée, la Parole de Dieu. Dans le Nouveau Testament, cette expression employée par l’Apôtre Paul concerne plus particulièrement l’Evangile (cf. 1Tm 1, 9-11), l’enseignement des Apôtres, de l’Eglise fidèle au Seigneur Jésus. La doctrine (didaskalia. gr) divine est celle que l’Eglise propage avec foi par toute la terre. Cette doctrine ou instruction sacrée est saine (hygiainousé. gr) cf. (Tt 1, 9; 2Tm 4, 3), car elle est une bonne nourriture et fait vivre l’homme en Dieu afin qu’il ait la santé spirituelle. Elle mène à la pleine sanctification, au salut éternel, alors qu’à l’inverse, les fausses doctrines souillent, rendent malade, mènent au péché, à la mort, à la perdition éternelle1.

Ecoutons l’Apôtre Paul:
1Tt 2, 1 «Pour toi, enseigne ce qui est conforme à la saine doctrine.»
Cette parole est importante, car elle désigne le Véritable, l’ensemble de l’enseignement officiel de l’Eglise, ce qui est inaltérable, canonique. Cet enseignement doctrinal de l’Eglise couvre tous les domaines salvifiques déposés par Dieu dans l’Eglise: Théologique, spirituel, moral, hiérarchique, prophétique, eschatologique, liturgique…
En tous ces domaines confiés à l’Eglise, le chrétien doit être totalement fidèle en y adhérant parfaitement. Car la Parole de Dieu n’est pas soumise à la dégradation du temps, de l’histoire ou des modes passagères de ce monde. Cette doctrine divine ne passe pas, ne change pas, ne s’accommode pas, ne perd jamais sa force de vérité. Ce qui était vrai hier, l’est aussi aujourd’hui et le sera demain et toujours. La saine doctrine dont l’Eglise est dépositaire, est éternelle. Ainsi les comportements des enfants de l’Eglise, dans les choses morales comme doctrinales, doivent être le plus possible irréprochables. Respect de la vie, avant même la conception et jusqu’au terme naturel des choses, comme l’a redit le Pape Jean Paul II en août 2004 à Lourdes, sont une évidence pour tout véritable croyant. Pour être chrétien il ne faut pas simplement que ce soit une étiquette vide de sens (cf. Mt 7, 21), mais il faut adhérer en esprit et en actes à l’enseignement de Dieu, celui de l’Eglise, dont chacun à son niveau est responsable devant le Seigneur. C’est pourquoi Paul demande à chaque évêque d’être: Tt 1, 8.9 «hospitalier, ami du bien, pondéré, juste, pieux, maître de soi, attaché à l’enseignement sûr, conforme à la doctrine; ne doit-il pas être capable, à la fois d’exhorter dans la saine doctrine et de confondre les contradicteurs?».
Dans une perspective prophétique, Paul dira ailleurs que «dans les derniers temps, certains renieront la foi pour s’attacher à des esprits trompeurs et à des doctrines diaboliques» (1Tm 4, 1s), car, ajoutera-t-il, dans une autre lettre: 2Tm 4, 3 «un temps viendra où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine, mais au contraire, au gré de leurs passions et l’oreille les démangeant, ils se donneront des maîtres en quantité et détourneront l’oreille de la vérité pour se tourner vers des fables» (cf. 2Th 2, 11). C’est ici une réalité qui est bien visible en notre temps, notamment en une grande partie de l’Europe qui, au plus haut niveau, rougit de ses racines chrétiennes, du Seigneur (cf. Lc 12, 9s).

Abus contre la saine doctrine

Il n’est pas surprenant que les ennemis déclarés de l’Eglise déforment, combattent et cherchent à détruire l’enseignement de l’Eglise. La chose qui est plus étonnante et grave, c’est que la fumée de Satan qui a pénétré l’Eglise, comme le disait le Pape Paul VI, a fait d’immenses dégâts, meurtrissant douloureusement le Corps du Christ. Théologies ténébreuses, syncrétistes, rationalistes etc. tentent depuis longtemps de renverser la bonne compréhension de l’enseignement du Magistère. Le relativisme des mœurs, des moyens du salut, la mise en doute des vérités éternelles, de l’existence de l’enfer, du paradis et même de Dieu, viennent parfois de personnes qui sont dans l’Eglise et agissent ouvertement ou insidieusement, en cachette. De la part de certains il y a une insoumission réelle à la Parole de Dieu, à l’enseignement séculaire de l’Eglise et au Pape. Nous avons tous été témoins dans l’Eglise, de faits regrettables d’indiscipline, de trahisons, de manques d’amour avec haines intestines, de paroles hérétiques ou d’abus liturgiques graves… C’est pourquoi, face à la persistance de cette triste réalité qui égare les âmes loin de la vérité, du salut, le Pape Jean-Paul II a multiplié entre autres les exhortations, encycliques, enseignements… Par exemple, la dernière encyclique sur l’Eucharistie (Ecclesia de Eucharistia) exprime combien l’Eucharistie est le sommet de la grâce dans l’Eglise. Elle est l’Auteur même de tout bien et toute grâce: le Seigneur Jésus. Ce Texte splendide du Pape, ignoré par beaucoup, est pourtant une invitation puissante à célébrer dans la foi, la piété, le respect et les normes de l’Eglise, ce sacrement merveilleux du salut. «Qui mange ma chair a la vie éternelle», dit Notre Seigneur Jésus (Jn 6, 47-58). Lors de la Messe, nous devons accueillir le Seigneur le plus parfaitement possible.
Dans cette encyclique (n. 52), et en particulier à cause des manquements et abus graves, le Pape Jean-Paul II a «demandé aux Dicastères compétents de la curie romaine de préparer un document plus spécifique, avec des rappels d’ordre également juridiques, sur ce thème d’une grande importance. Il n’est permis à personne de sous-évaluer le Mystère remis entre nos mains (l’Eucharistie): il est trop grand pour que quelqu’un puisse se permettre de le traiter à sa guise, ne respectant ni son caractère sacré ni sa dimension universelle». C’est ainsi qu’en avril 2004 a été publiée l’Instruction sur l’Eucharistie «Rédemptionis Sacramentum», que tous les évêques, prêtres, religieux et fidèles sont exhortés à lire, écouter, défendre et respecter. Selon notre place et notre charge dans l’Eglise, nous avons des responsabilités plus ou moins redoutables devant Dieu…

La fidélité est sainte

L’Eglise souffre et nous savons que l’Eucharistie, le Pape et Marie sont des cibles privilégiées de Satan qui combat farouchement l’Eglise. Soyons sur nos gardes et veillons dans la prière sans nous laisser intimider et ébranler par les événements. Notre fidélité dans la foi est infiniment précieuse. Elle est sainte. Aussi nous devons sans cesse rendre grâce à Dieu pour tous nos prêtres, nos évêques, notre Pape et tous nos frères dans la foi. Notre amour docile de la saine doctrine, de l’Eglise, du Magistère, du Seigneur, est pur et beau. Il nous amène à une plus grande union à Dieu qui voit tout. Dieu nous regarde. Il connaît les pensées et actes les plus secrets. Il veut nous transformer par sa doctrine céleste, sa Parole, les sacrements, son Esprit Saint. Comprenons bien que par exemple, la liturgie de l’Eglise est un trésor sacré qu’il ne faut pas dénaturer, trahir par des manquements ou des ajouts inadmissibles, interdits, qui d’ailleurs n’attirent personne de bonne foi et font plutôt fuir les croyants sincères… Avec la foi, la piété, la persévérance, l’enthousiasme dans le Seigneur, tout devient joyeux, beau et attrayant. Des prières, des chants d’allégresse, la Parole de vérité de la Bible, dans une liturgie simple mais docile à l’Esprit Saint et la doctrine qu’il a inspirée à l’Eglise, participent fortement au renouveau, mieux encore, au rajeunissement de l’Eglise. Qui écoute la saine doctrine divine est agréable à Dieu assurément et marche avec assurance vers le salut éternel. Au sein des épreuves qu’elle passe, l’Eglise est appelée à se faire belle. Les bonnes actions des saints fidèles au Seigneur dans l’amour et la vérité la font toute belle (cf. Ap 19,7.8).
Unis dans l’Eglise et nourris du Pain de Vie, regardons vers Marie la Toute Pure. En priant avec constance et de tout coeur le Rosaire quotidien, nous l’aidons à œuvrer pour que l’Eglise lui ressemble dans l’Esprit Saint.

Jacques Magnan

Note:

1. Les fausses doctrines égarent, s’opposent à Dieu et mènent aux ténèbres (cf. Mt 16, 12; Ep 4, 14; Col 2, 22; 1Tm 4, 1; Ap 2, 14-24 etc.). La saine, la bonne doctrine qui vient de Dieu éclaire et sauve. Elle est conforme à la piété (1Tm 6, 3; cf. 1, 3; 1Co 12, 28; Ep 4, 11). Dans l’Esprit de Dieu, elle a pétri les saints qui nous ont laissé de si beaux témoignages, de si beaux écrits pour notre édification dans l’amour de Dieu.

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