Une bouleversante méditationPar Marie-Christine d'André |
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Jamais on n’avait osé représenter la Passion du Christ de manière aussi réaliste et sanglante. Jamais on n’avait osé montrer de quelle manière atroce cela avait dû se passer. Après une période de doute profond (voire de dépression), le comédien-cinéaste Mel Gibson a retrouvé la foi de son enfance et, avec elle, est venu le désir de mettre en images le fruit de sa méditation sur la Passion du Seigneur. On pouvait craindre une banale et violente illustration des souffrances du Christ, mais le cinéaste a réussi une oeuvre magnifique, car il a utilisé le montage pour entrecouper les scènes de la Passion avec d’autres de Son enfance et de Son enseignement (la Cène, le lavement de pieds, etc.). Et cette histoire éternelle devient, par la force d’un montage quasi théologique, un témoignage sur l’amour, le pardon et le don de soi. Bien sûr, les scènes de la flagellation auraient pu être plus courtes, tout comme celles des coups lors de la montée du Calvaire. Mais la beauté des images en flash-back, et de celles avec Marie, possède une telle intensité que l’on a le coeur serré par tant de beauté et de bonté. Maia Morgenstern est magnifique de souffrance, de dignité et d’acceptation devant l’incompréhensible et l’inacceptable. Et lorsqu’elle comprend le sens de tout cela, cela donne lieu à l’une des plus belles scènes du film. C’est pour ces images aussi belles qu’un tableau du Caravage (ou de Rouault) que cette méditation sur les souffrances que le Christ a endurées pour nous qu’il faut voir ce film.
Marie-Christine D'ANDRÉ
La Passion du Christ. Drame religieux américain (2004) de Mel Gibson, avec Jim Caviezel (Jésus), Maia Morgenstern (Marie), Monica Bellucci (Marie-Madeleine), Hristo Jivkov (Jean), Francesco de Vito (Pierre), Mattia Sbragia (Caïphe), Hristo Naumov Shopov (2h07). Sortie le 31 mars 2004. |
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